COMPTE-RENDU SOMMAIRE DE LA REUNION DE
L’ASSOCIATION EUROPEENNE DES MAGISTRATS -
GROUPE REGIONAL DE L’UIM
Ljubljana  (Slovénie) - les 20 et 21 mars 1998
SEANCE DU 20 MARS

 La réunion est présidée par Mme Pâquerette Girard, Premier Vice-Président de l’UIM, Président de l’Association Européenne des Magistrats - Groupe Régional de l’UIM, avec la participation du Président de l’UIM, M. Ramon Rodriguez Arribas, des Présidents d’honneur, M. Voss et M. Woratsch, des Vice-Présidents de l’UIM M. Broekhoven et M. Markel, du Secrétaire Général de l’UIM, M. Massimo Bonomo, des Secrétaires Généraux Adjoints de l’UIM, M. Meriggiola et M. Oberto, des Assistants au Secrétariat Général, M. D’Agostino et M. Gargiulo, ainsi que des délégués suivants des associations membres de l’Union Internationale des Magistrats et de l’Association Européenne des Magistrats.
 
 
Allemagne M. Lieberoth et Mme Peters
Autriche M. Markel
Belgique  M. Delvoie
Danemark M. Knudsen
Espagne Mme Atienza
Estonie Mme Kerstna Vaks
Finlande M. Kiuru
France M. Kriegk
F.Y.R.O.M. Mme Caca-Nivolovska
Grèce M. Fourlanos
Hongrie M. Lichtenstein
Irlande M. Murphy
Islande M. Gislason
Israël (observateur)  M. Lindenstrauss
Italie M. Mogini
Lettonie Mme Sebrina
Liechtenstein M. Hagen
Lituanie Mme Smirnoviéné
Luxembourg M. Gehlen
Malte M. Agius
Norvège M. Eidesen et M. Smukkestad
Pays-Bas  M. Nÿenhof
Portugal M. Reis Figueira
République  Tchèque M. Vyklicky
Roumanie M. Acsinte, Mme Costiniu et Mme Dobrinescu
Royaume Uni M. Fricker
Slovaquie M. Bradac et M. Roharik
Slovénie M. Zalar et Mme Tratnik
Suède M. Carrick 
Suisse M. Gass et M. Zappelli
 
 1. Informations :
 Après les paroles d’ouverture de M. Zalar, au nom de l’Association Nationale des Magistrats Slovènes, Mme le Président ouvre la séance à 14h00 en remerciant les collègues slovènes pour la parfaite organisation de la réunion et pour leur hospitalité. Elle rappelle ensuite que pour la première fois, grâce aux collègues slovènes, une réunion de l’AEM pourra disposer de la traduction simultanée anglais/français et français/anglais. Elle ajoute qu’elle a décidé d’anticiper à la séance d’aujourd’hui le point 3 de l’ordre du jour, en prévision de la conférence de presse qui se tiendra le même jour à 18h00.
 M. Oberto explique le contenu d’un document distribué aux délégués concernant la proposition d’amendement du procès verbal de la réunion de l’AEM de Porto Rico. L’amendement prévoit que dans la troisième phrase du point 5.-1bis les mots « sur cette matière » soient remplacés par les mots « sur la matière de la criminalité informatique ». L’amendement, ainsi que le procès-verbal de la réunion de Porto Rico, sont approuvés à l’unanimité.

1.-1 informations générales du Président ;
 Mme Girard rappelle qu’après la réunion de Porto Rico le Comité de la Présidence s’est réuni à Madrid le 22 février 1998. A cette réunion ont aussi participé les collègues Broekhoven et Markel. Le 23 février 1998 le roi d’Espagne a remis le prix « Justice dans le Monde » - dont le jury est présidé par le Président d’honneur de l’UIM M. Voss - à notre ancien collègue Adolfo Beria d’Argentine, un magistrat italien, procureur général honoraire de la Cour de Cassation de son pays, qui pendant des longues années a été très actif pour l’amélioration des relations internationales en matière de coopération judiciaire entre différents pays du monde, sous les auspices de l’ONU. Le Président ajoute qu’il s’agit d’un choix d’un niveau très élevé. Au cours de la réunion de Madrid, le Comité de la Présidence s’est aussi occupé des questions concernant la Fondation «Justice dans le Monde» et que le magazine de la Fondation a aussi été présenté. Il sera bientôt envoyé aux associations membres et il contiendra une copie de notre revue « Euro Iustitia ». La Fondation publiera aussi une plaquette contenant un organigramme détaillé de la Fondation et de l’UIM : elle sera distribuée à Porto au plus tard par le Président de l’UIM.

1.-2 informations générales du Secrétariat ;
 M. Bonomo rappelle qu’il vient d’envoyer à toutes les associations l’invitation, la fiche d’inscription et le programme de la réunion de Porto, ainsi que des excursions facultatives avant et après la réunion. Il recommande le respect du délai fixé pour l’inscription au 22 mai 1998. En ce qui concerne les commissions d’étude, les questionnaires de la deuxième et de la troisième ont été déjà distribués et le délai du 15 avril pour l’envoi des réponses a été fixé. Le questionnaire de la quatrième commission vient d’être distribué et le délai du 1er juillet vient d’être fixé. Le questionnaire de la première commission sera bientôt distribué. M. Bonomo dit que le Secrétariat a procédé à la rédaction du recueil des conclusions de la deuxième et de la quatrième commission d’études à partir de l’année 1980. Le recueil des conclusions de la troisième commission sera peut-être prêt lors de la réunion de Porto. Le Secrétaire Général rappelle enfin que l’Association Brésilienne des magistrats a envoyé une invitation à toutes les associations nationales pour un séminaire sur le droit de l’environnement qui se tiendra à Macapà (Brésil) du 3 au 7 juin 1998.  L’association locale offre le séjour pour trois ou quatre jours. Pour des renseignements ultérieurs, il prie de contacter le Vice-Président de l’UIM M. Calandra.
 M. Oberto explique le contenu des documents qui viennent d’être distribués et notamment l’annuaire 1998 mis à jour après la réunion de Porto Rico, et les copies des premières pages des sites web de l’AEM. Il rappelle que les adresses web de l’AEM sont les suivants : a) pour les informations générales <http://space.tin.it/edicola/goberto/> ; b) pour le magazine Euro Iustitia
<http://www.droit.umontreal.ca/palais/magistrature/aem/journalvol1.htm>.

1.-3 informations sur le budget ;
 Mme Girard rappelle que toutes les associations ont reçu l’appel des cotisations de l’UIM pour l’année 1998 qui comporte une augmentation du 2%, votée à Porto Rico. Le Président rappelle le souhait des membres du Comité de Présidence qu'un maximum de pays puisse passer d’un groupe inférieur à un groupe supérieur, étant donné que les activités de l’UIM augmentent chaque année. M. Bonomo informe l’assemblée que les associations d’Argentine et de Brésil sont passés du deuxième au premier groupe. En ce qui concerne le budget de l’AEM aucune modification significative n’est intervenue par rapport à l’année précédente. Pour 1998 l’AEM dispose de la somme de 5 millions de lires (environ 5.000 DM) et de la somme de 8 millions de lires (environ 8.000 DM) provenant de la gestion des années précédentes. Le total est donc d’environ 13 millions de lires (13.000 DM). Cette somme permettra de payer les deux numéros du journal Euro Justitia 1998.

1.-4 informations sur les colloques :  1- ENM/DRA/ERA/MEDEL/AEM, 1998,
 Le Président parle d’abord du colloque organisé à Paris les 4-6 novembre 1998 par l’ENM, la DRA, l’ERA, le MEDEL et l’AEM. Elle rappelle qu’il s’agit du troisième séminaire de ce genre. Le sujet à traiter cette année sera le suivant : « Vers un espace judiciaire européen. La coopération judiciaire en matière pénale ». Les invitations seront envoyées soit aux ministères de la justice soit aux conseils supérieurs de la magistrature. Les frais de logement seront à la charge des ministères des Etats. 40 magistrats seront invités des pays de l’U.E., sauf l’Allemagne (20 magistrats) et la France (40 magistrats, tous déjà inscrits). L’AEM et le MEDEL auront chacun à leur disposition, et à leurs frais, une dizaine de places. Elle rappelle à ce propos que l’ENM, étant très proche du MEDEL, souhaite faire une grande publicité sur l’appel de Genève, dont les signataires seront tous présents. Il est donc important que nous nous préparions activement ce colloque. Le programme portera sur des matières telles que l’extradition, les commissions rogatoires internationales, Europol, la coopération pénale et le troisième pilier de Maastricht, le Corpus Juris (et le ministère public européen), le UCLAF (unité de lutte contre les fraudes aux intérêts de la Communauté). Il est recommandé aux rapporteurs d’exposer des cas pratiques de difficulté de coopération juridique.
 Le colloque attirera aussi l’attention des médias puisque la dernière séance sera présidée par Mme Anita Gradin, commissaire européen en charge des affaires de la Justice et se terminera par un débat final qui théoriquement devra faire ressortir deux différents visions : celle du MEDEL et celle de l’AEM. Le souhait de Mme Girard est que l’AEM puisse garantir une participation nombreuse et qualifiée. A cette fin il parait nécessaire de préparer ce colloque en connexion avec le groupe de travail présidé par M. Markel sur le traité de Schengen. Mme Girard distribue des copies de l’Appel de Genève aussi bien qu’une traduction non officielle de ce document préparée par le Secrétariat Général.
 Concernant le groupe de travail sur le traité de Schengen, M. Markel prend la parole en expliquant le contenu du document qu’il vient de distribuer. Il soutient la nécessité de s’activer afin de pouvoir obtenir les subventions prévues dans le programme Grotius et il rappelle que pour parvenir à ce résultat la demande doit être adressée à la Commission avant le 31 mars 1998. De toute façon l’U.E. ne remboursera qu’une partie des frais. Il ajoute qu’il a aussi esquissé la structure possible d’un séminaire sur le sujet de la coopération judiciaire en matière pénale, ainsi que le budget d'une telle initiative. Il explique que le Ministère de la justice autrichien pourrait contribuer de façon consistante aux frais des participants en provenance des pays de l’Europe Centrale et Orientale. Il faudrait cependant que les autres associations nationales contribuent de façon importante aux frais de ce colloque. Il faudrait donc décider si on veut organiser ce colloque pour cette année ou pour l’année prochaine.
 M. Voss suggère qu’on crée un groupe de travail afin de préparer le colloque de Paris. M. Woratsch souligne que la préparation du colloque de Paris est quelque chose de différent par rapport au groupe de travail sur le traité de Schengen. Pour M. Kriegk il ne faut pas multiplier les groupes de travail. A la fin de la discussion l’assemblée décide que M. Markel continue son travail à la tête du groupe de travail sur le traité de Schengen, qui s’occupera aussi de la préparation du colloque de Paris. Toutes les associations nationales sont invitées à bien vouloir envoyer à M. Markel leurs observations et leurs propositions afin de préparer le colloque de Paris. Les personnes intéressées à cette initiative pourraient être les suivantes : Mme Andrei et M. Bac (Roumanie), Mme Arens (France), M. Ariens (Pays Bas), Mme Atienza (Espagne), Mme Debnarova (Slovaquie), M. Woratch et M. Markel (Autriche). M. Markel invite les délégués à demander à leurs propres associations nationales dans quelle mesure elles sont prêtes à contribuer au projet. La somme dont le groupe de travail a besoin est d’environs de 8.500 Euros.
 Mme Girard invite les associations nationales à bien vouloir communiquer à M. Markel quelle est la position de chaque association nationale sur l’Appel de Genève, document qui sera la base des discussions à Paris. Elle ajoute enfin qu’elle aimerait qu’aussi le Luxembourg prenne part au groupe de travail présidé par M. Markel.
   2- congrès ERA 1998 ;
 En ce qui concerne les meetings en matière de coopération civile Mme Girard expose qu’elle a pris part à deux colloques après Porto Rico ; le premier a eu lieu à Berlin, organisé par Eurojuris, sur le thème de la procédure d’exequatur où elle a présenté la position de la France et de l’AEM. Un autre meeting a été organisé par l’ERA, la DRA, l’ENM, le MEDEL et l’AEM sur la coopération en matière civile ; il s’est agi d’un meeting très technique, au cours duquel les thèmes de la jurisprudence de la Cour de Justice des Communautés Européennes sur l’application du traité de Bruxelles et de la coopération civile dans le futur ont été abordés. Sur ce sujet, un troisième colloque aura lieu les 20 et 21 novembre 1998 à Trèves ; il s’agit du congrès annuel de l’ERA dont le sujet sera : « Le citoyen européen et l’espace judiciaire européen » ; le président de l’AEM pourra parler sur l’application des traités et des conventions et sur le problème de l’exequatur en matière civile et commerciale.
 Le Président expose avoir été contacté par l’Union Européenne des Magistrats Statuant en Matière Commerciale. Cette organisation nous a demandé de souscrire un accord de coopération. M. Meriggiola informe l’assemblée sur les buts de cette organisation et Mme Girard précise qu’il s’agit d’une association de juges qui peuvent aussi être des juges non professionnels. L’assemblée charge M. Meriggiola de se tenir en contact avec cette association. M. Meriggiola dit qu’il sera le 23 avril à Strasbourg et qu’il se mettra en contact avec cette association.
 Le Président fait part d’une autre information reçue de M. Meriggiola concernant une invitation du « Mouvement Européen », qui organise un colloque les 8-10 mai 1998 à La Haye sur le sujet suivant : « Construisons l’Europe du 21e siècle? ». Mme Girard demande si les collègues hollandais ou belges connaissent ce mouvement. M. Meriggiola dit que c’est le Parlement Européen qui est derrière cette organisation. Il ajoute que 18 ONG ont été invités à ce colloque, alors qu’il y en a 350 représentées auprès du Conseil de l’Europe. L’assemblée charge M. Nÿenhof de prendre parti à ce colloque et d’en référer ensuite à la réunion de Porto. M. Meriggiola enverra les documents concernant ce congrès.

1.-5 informations sur Euro-Justitia, journal de l’AEM.
 Mme Girard informe l’assemblée de la sortie du deuxième numéro d’Euro Iustitia. Elle remercie chaleureusement Maja Tratnik pour son travail ainsi que tous ceux qui ont contribué en écrivant des articles pour le journal. Elle ajoute qu’elle a envoyé une copie d’Euro Iustitia à plusieurs personnalités des organes de l’Union Européenne ainsi que du Conseil de l’Europe. Mme Tratnik invite tous les collègues à contribuer à la rédaction de notre revue en écrivant des articles en anglais ou en français. Le prochain numéro sortira avant la réunion de Porto. M. Voss remercie publiquement M. Tratnik pour le travail accompli.

3. Situations particulières du pouvoir judiciaire dans les pays du PECO :
3.-1 rapport sur la situation de la République Tchèque (Jan Nÿenhof, Ernst Markel) ;
3.-2 relations avec le CEELI et avec les nouvelles associations du PECO.
 Mme Girard rappelle la résolution adoptée à Milan en faveur des collègues de la République Tchèque. Récemment, à la requête de la même association, il a été décidé d’envoyer une lettre au président de la République Tchèque, M. Vaclav Havel. Mme Girard remercie M. Fricker pour son aide dans la rédaction de la lettre en langue anglaise. Elle ajoute que M. Fricker lui a donné une copie d’un article sur la situation en République Tchèque publié sur la New York Review. Elle explique que ce matin elle a eu une rencontre avec le Président de la République de Slovénie, qui est un ami de M. Havel et qui a promis son soutien à l’initiative de l’AEM visant à améliorer la situation de l’indépendance du pouvoir judiciaire dans ce pays. Mme Girard expose ensuite que la Cour de Cassation française organisera la semaine prochaine un colloque sur les procédures civiles et pénales devant la Cour Suprême de la République Tchèque. Elle aura ainsi l’occasion de rencontrer le Président de la Cour Suprême de ce pays-là et de lui parler de la situation du pouvoir judiciaire en République Tchèque.
 Le Président rappelle qu'une copie de la lettre adressée à M. Havel est à disposition des délégués. M. Vyklicky prend la parole en disant d’abord que la lettre de l’AEM a eu un très grand écho dans les médias de son pays. Il explique brièvement la situation du pouvoir judiciaire de son pays, en disant qu’à la suite de la séparation de la République Slovaque le Parlement a approuvé une loi qui permet au gouvernement de transférer les magistrats contre leur gré, sans aucune limitation géographique, et même de les révoquer. La République Tchèque est le seul pays de l’Europe Centrale et Orientale à ne pas connaître un organe indépendant et représentatif des juges comme garantie de l’indépendance du pouvoir judiciaire. Le gouvernement a un pouvoir incontesté pour la nomination et la carrière des magistrats ainsi que des chefs des juridictions, qui à leur tour ont des pouvoirs importants sur les juges. Aucun soutien ne peut arriver de l’opinion publique du pays, qui est très lourdement influencée par le gouvernement. La seule aide est celle qui peut venir de la part d’organisations internationales telles que la nôtre.
 M. Bradac expose la situation du pouvoir judiciaire dans la République Slovaque en faisant remarquer qu’elle est presque aussi préoccupante que celle de la République Tchèque. Le gouvernement a aussi là-bas un pouvoir trop important sur la nomination et la carrière des magistrats et il ne respecte pas les décisions de la Cour Constitutionnelle. M. Woratsch explique qu’il a été nommé expert pour l’Union Européenne et qu’il a été chargé d’étudier la situation de la Slovaquie. Ses conclusions sont assez semblables à celles de M. Bradac : la seule différence par rapport à la République Tchèque est l’existence en Slovaquie du Conseil Judiciaire, mais il n’a que des pouvoirs consultatifs.
 Un débat suit les déclarations des collègues de la République Tchèque et de Slovaquie, au cours duquel Mme Costiniu propose que dans les différents pays les associations nationales respectives consacrent un jour de solidarité aux juges de la République Tchèque et de la Slovaquie ; M. Kriegk souhaite que les associations nationales transmettent le texte de la lettre à M. Havel aux agences de presse de chaque pays ; M. Voss propose que les associations organisent des conférences de presse ; M. Kiuru souhaite l’organisation d’un séminaire à Prague sur le sujet de l’indépendance du pouvoir judiciaire ; M. Carrick suggère de constituer un groupe de travail et M. Gass propose d’envoyer une délégation dans les pays concernés. Mme Girard rappelle que M. Markel et M. Woratsch se sont déjà rendus dans la République Tchèque où ils ont eu plusieurs contacts avec les collègues de ce pays. Elle ajoute que l’Autriche, la France, les Pays-Bas et le Royaume Uni constituent déjà un groupe de travail sur le sujet. Mme Girard propose par contre de contacter M. Freiberger, chargé des négociations sur l’élargissement de l’Union Européenne en matière de coopération judiciaire, afin de lui exposer la situation dans ces deux pays et de l’inviter à prendre contacte avec M. Markel et M. Nÿenhof.
 M Bonomo suggère de proposer au Conseil de l’Europe d’organiser un séminaire sur le sujet de l’indépendance du pouvoir judiciaire dans la République Tchèque. Mme Girard dit qu’il s’agit d’une bonne idée et charge M. Markel de contacter M. De Vel pour l’organisation de ce séminaire. L’assemblée décide d’envoyer une lettre semblable à celle qui a été envoyée à M. Havel, au Premier Ministre de la Slovaquie, qui exerce aujourd’hui aussi quelques-uns des pouvoirs du Président de la République. Mme Girard invite aussi les associations nationales à bien vouloir envoyer une copie de la lettre aux agences de presse des différents pays. L’assemblée décide en outre de constituer un groupe de travail sous la responsabilité de M. Nÿenhof. L’assemblée charge enfin M. Hagen de contacter avant le 23 avril 1998 Mme Renate Wolwen, qui est un avocat du Liechtenstein, membre du sub-comité responsable du contrôle pour le Conseil de l’Europe de l’application et du respect des obligations des Etats membres. M. Vyklicky demande enfin que les associations nationales envoient des lettres aux autorités de son pays.
 M. Delvoie demande que le Président envoie une lettre de soutien et de souhait aux travaux de l’assemblée générale des magistrats belges qui va se réunir le 23 mars 1998, en rappelant les mêmes principes contenus dans la lettre envoyé à M. Havel. La décision sur le point est renvoyée à la séance du 22 mars.
 Le Président informe enfin l’assemblée avoir reçu du bureau du Haut Commissaire aux réfugiés de l’ONU à Vienne une demande de coopération au programme de formation de juges en matière d’asile. Elle a répondu à cette lettre en disant que nous soutiendrons cette initiative avec nos moyens. Une pareille réponse a été envoyée à un institut privé chargé du développement d’un institut national de formation des magistrats en Roumanie.

 

SEANCE DU 22 MARS

 En début de la session - qui commence à 9h30 - le Président distribue le tableau corrigé sur le sujet « justice en chiffre ». Elle recommande de le faire connaître dans les pays respectifs et elle dit que le thème sera repris à Porto.
 Le Président de l’UIM, M. Rodriguez Arribas, informe l’assemblée des activités de la fondation « Justice dans le Monde ». Il dit que le premier numéro de la revue de la Fondation vient d’être réalisé. Bientôt 5.000 copies du magazine seront envoyées aux associations nationales et à d’autres institutions. Il ajoute que le premier livre publié par l’Institut concernera l’organisation judiciaire comparée.
 L’ Institut International pour le Pouvoir Judiciaire déploiera trois activités : d’étude (dont le premier exemple est constitué par la rédaction du livre sur l’organisation judiciaire comparée), de recherche et de formation des magistrats. Les personnes suivantes ont été nommées sous-directeurs : Mme Mailhot (sous-directeur chargé de l’activité d’étude) ; M. Bennour (sous-directeur chargé de l’activité de recherche) ; M. Kriegk (sous-directeur chargé de l’activité de formation). En ce qui concerne l’activité de formation les délégués continentaux suivants ont été désignés : M. Sidnei Beneti (Amérique Latine) ; M. Markel (Europe) ; M. Abdelgaffar (Afrique).
 La première réunion plénière du comité académique est prévue pour les jours 29 et 30 mai à Barcelone, sous les auspices du Gouvernement Régional de Catalogne. La première activité de formation sera constituée par un cours sur le rôle du juge dans la protection des droits de l’homme. Cette formation se tiendra dans la dernière semaine d’octobre ou dans la première semaine de novembre 1998 dans l’université de La Coruña, en Galicie avec la subvention du Gouvernement Régional de Galicie. Entre trente et cinquante magistrats de tout le monde pourront prendre part à cette initiative. Les informations concernant le prix international « Justice dans le Monde » ont déjà été données par Mme Girard.
 M. Reis Figueira, responsable des activités de publication de la Fondation, explique que le premier livre publié par l’Institut concernera l’organisation judiciaire comparée. Le comité de rédaction de cet ouvrage est composé par les personnes suivantes : M. Calandra (Amérique Latine), M. Reis Figueira (Europe Méridionale), M. Markus Thoma (Europe Centrale), M. Verburg (Europe Occidentale), Mme Mailhot (Common Law), M. Mohamed Abdelgaffar (Africa), M. Kiuru (Scandinavie et Pays-Bas). Mme Girard souligne l’importance de ce travail, qui est le premier entièrement réalisé par des magistrats. M. Reis Figueira ajoute que l’Institut prévoit la publication chaque année d’un livre. Le livre sur l’organisation judiciaire comparée devrait être prêt pour la fin de l’année. Mme Girard prie M. Reis Figueira de bien vouloir diffuser les rapports concernants l’Europe pour la réunion de Porto.
 
2. Rapport sur les activités techniques :
2.-1 projets de recommandation sur l’accès à la justice des consommateurs et le règlement extrajudiciaire des petits contentieux - DG XXIV ;
 Mme Girard informe l’assemblée du projet de recommandation sur l’accès à la justice des consommateurs et le règlement extrajudiciaire des petits contentieux, en rappelant qu’à Bruxelles, en décembre 1997, au cours d’une réunion du conseil, la Commission a présenté au Conseil son projet de communication ayant deux buts : d’abord la rédaction d’un formulaire pour simiplifier le règlement des litiges de consommation ; ensuite l’élaboration des grands principes pour les autorités de règlement extrajudiciaires. La position de notre groupe de travail sur ce sujet est de souhaiter que ces organes non judiciaires aient un remarquable niveau d’indépendance et d’efficacité. Notre position a été retenue par la Commission de l’Union Européenne. Les Etats sont d’accord avec les principes généraux de la communication, mais ils ne sont pas d’accord avec un système confiant à des autorités non judiciaires la solution de tous les petits litiges de consommation. Les Etats ont rejeté la proposition de créer une sorte d’ombudsman européen. La communication adoptée sera envoyée à Mme Girard ainsi qu’aux associations membres du groupe de travail en matière civile. Le Royaume Uni aurait présenté au Secrétariat Général de l’U.E. un projet de directive sur le règlement des petits litiges de consommation concernant les seules petites et moyennes entreprises. Le Président insiste sur l’importance de ce sujet qui concerne directement le travail des juges dans chacun des pays de l’Union Européenne.

2.-2 projets de la DG XI - Environnement, formation et communication ;
 Mme Girard informe l’assemblée de ce que la Commission semble avoir décidé d’arrêter l’activité de formation commencée avec le soutien de l’AEM. L’ERA n’a préparé aucune autre formation pour 1998. Le Centre Européen des Etudes de Strasbourg (CEES) a fait une proposition à la Commission pour un cours en automne et on attend la décision. D’autres séminaires seront organisés en Grèce, en Angleterre et en Belgique pour des magistrats grecques, anglais et belges. Cela démontre que la tendance est maintenant celle d’organiser des séminaires dans différents pays, mais sans aucun échange d’informations entre différents pays. Le Président invite les associations qui seraient intéressées à organiser des séminaires nationaux à bien vouloir la contacter afin qu’elle puisse les mettre en contact avec les autorités compétentes.

2.-3 projet de modification de la Convention de Bruxelles I (le titre exécutoire européen) et Bruxelles II (l’exécution des jugements en matière familiale) ;
 Le sujet du titre exécutoire a eu un grand succès l’année dernière à Bruxelles. Ce travail a été réalisé par Mme Vernimmen. Le premier aspect concerne la modification de la convention de Bruxelles de 1968. La Commission a envoyé officiellement à l’AEM sa communication dont le titre est : « Vers une efficacité accrue dans l’obtention et l’exécution des décisions au sein de l’Union Européenne ». Nous avons eu la possibilité de participer au groupe d’experts de la Commission chargé de rédiger le projet de modification de la Convention. Nos suggestions ont été retenues. Maintenant l’affaire est à nouveau dans les mains du groupe intergouvernemental de négociation. Il s’agit, évidemment, d’une convention multilatérale qui doit être négociée par les Etats membres. Mme Girard informera des progrès de ces travaux.
 Dans la communication, la Commission a aussi étudié la possibilité d’harmoniser les procédures civiles, dont le premier exemple est la procédure d’injonction de payer. La Commission tend à élaborer une procédure rapide harmonisée pour réduire les retards dans l’administration de la justice. Mme Girard dit qu’il faut envoyer nos observations avant la fin d’avril ; à cette fin, elle demande l’avis des délégués allemand, anglais, autrichien, français, et hollandais. Les remarques devraient lui parvenir avant la fin d’avril. Le Président rappelle le contenu des modifications apportées au système des conventions de Bruxelles et de Lugano, ainsi que de Bruxelles 2, la nouvelle convention qui devrait étendre les principes de la convention de Bruxelles 1 aux matières du droit de la famille, notamment en ce qui concerne le divorce et la garde des enfants.
 M. Kriegk dit que dans le cadre de la modification de Bruxelles I, pour éviter la disparition de biens au cours du procès et assurer l’exécution de la décision judiciaire, on a examiné la possibilité de demander aux parties une déclaration des éléments du patrimoine (suivant un modèle connu dans le système suédois). M. Bonomo et Mme Girard demandent aux associations nationales qui connaissent la déclaration des éléments du patrimoine, et en particulier à la délégation suédoise, de bien vouloir envoyer des informations concernant le système adopté et les problèmes les plus importants rencontrés à cet égard.

2.-4 projet de recommandation du Conseil de l’Europe sur l’efficacité de la Justice ;
 Le Président rappelle qu’à Porto Rico il avait été décidé d’envoyer au Conseil de l’Europe les conclusions de la 1e commission d’étude. Elle expose d’avoir procédé dans ce sens et d’avoir ensuite discuté longuement avec Mme Killerby et M. Esposito. C’est ainsi que - bien que l’AEM ne soit pas admise en tant qu’observateur aux travaux du groupe de travail constitué auprès du Conseil de l’Europe - le Président a obtenu la copie officieuse du document de travail du Conseil de l’Europe. Elle a confié ce document à M. Delvoie, Président de la 1ère Commission d’Etude de l’UIM, afin qu’il prépare un commentaire à Porto. Par ailleurs, Mme Girard demande à M. D’Agostino, délégué italien dans ledit groupe de travail, de bien vouloir informer l’assemblée à Porto sur l’état des travaux de ce groupe de travail.

2- 5 projet de recommandation du Conseil de l’Europe «Charte de la justice en Europe» ;
 Mme Girard remercie à ce point de la réunion l’Association Slovène pour la distribution d’une revue de presse.
 Mme le Président rappelle qu’au mois de juillet 1997 le Conseil de l’Europe a organisé un colloque sur le statut européen du juge ; l’AEM et le MEDEL ont été invités. M. Cornu (Suisse) a représenté l’AEM. M. Broekhoven, M. Carrick et M. Bonomo avaient aussi été invités en qualité de représentants de leur Etat. Le Conseil voudrait rédiger une recommandation sur ce sujet en faisant un mélange du statut du juge en Europe de l’AEM et de celui élaboré par le MEDEL. Il semble que le Conseil de l’Europe veuille élaborer seulement des principes de caractère très général. En l’état, il n’y a pas encore le projet officiel de texte. La responsable de ce travail, Mme Wisniewska-Casals, nous a informé de ce qu’un comité de trois experts est en train d’élaborer un projet de statut, qui sera envoyé à Mme Girard dès qu’il sera terminé. La prochaine réunion se tiendra en juillet 1998.

5. Soutien aux collègues belges.
 A ce point de la réunion M. Delvoie lit le texte de la lettre de soutien qu’il voudrait faire envoyer par l’AEM à l’assemblée générale des juges belges. Il rappelle qu’il ne s’agit pas d’une lettre destinée aux autorités de son pays, mais une lettre de soutien moral adressée à ces « états généraux » de la magistrature de la Belgique consacrés au thème de l’indépendance du pouvoir judiciaire. L’assemblée approuve à l’unanimité le texte de la lettre, signée par le Président de l’AEM et par le Président de l’UIM.
 
4. Débat général :
4.-1 le projet de statut universel du juge de l’UIM ;
 Le Président rappelle que les versions française et anglaise corrigées du projet du statut universel du juge ont été envoyées à toutes les délégations. Elle ajoute que la qualité du texte anglais sera améliorée grâce à l’aide du collègue britannique et que le Comité de la Présidence, dans sa réunion de Madrid, a décidé de fixer la date limite du 15 juin 1998 pour l’envoi, de la part des associations, des propositions d’amendements au Secrétariat Général à Rome. Elle rappelle aussi qu’à Porto, après le vote sur les amendements, le statut formera l’objet d’un vote global et non article par article.
 Le Président ouvre le débat, article par article.
 Art. 3. M. Eidesen demande si par l’expression : « organe indépendant et représentatif des juges » on doit entendre que les juges doivent constituer la totalité, la majorité, ou bien même seulement une partie de ces organes et si ces organes peuvent comprendre aussi des politiciens ou des professeurs d’université. M. Fricker rappelle que les mêmes termes sont prévus dans les articles 10 et 14. Mme Girard rappelle que les articles 4, 5, et 6 du statut du juge en Europe parlent d’un « organe indépendant des groupes de pouvoir et effectivement représentatif des juges ». Elle ajoute que le statut ibéro-américain est beaucoup plus précis et qu’il fait référence à la nécessité d’une majorité des juges. Dans la rédaction du projet de statut universel, on a essayé de fondre les différents statuts élaborés au sein de l’UIM par un texte plus général et une définition très large permettant des systèmes variés selon les pays et qu’il y a différentes façons de représenter les juges.
 Art. 5. M. Eidesen remarque que dans le texte anglais on a inséré le mot « decisions » ; il demande si l’on doit entendre ce mot comme extensible aussi à l’activité administrative. M. Woratsch remarque que la phrase « in relation to the decisions a judge must make » n’apparaît pas dans le texte français. M. Fricker propose la formulation suivante : « in relation to his or her adjudications ». M. Bonomo rappelle qu’il ne faut pas limiter l’article aux décisions judiciaires proprement dites et il cite l’exemple de l’activité de distribution des affaires, qui n’est pas une activité juridictionnelle, mais qui doit néanmoins jouir des mêmes garanties d’indépendance et d’impartialité que l’activité juridictionnelle. Mme Girard propose de biffer l’expression « in relation to the decisions a judge must make », de façon à faire correspondre le texte anglais au texte français. M. Delvoie, M. Fricker et M. Eidesen répliquent qu’ainsi le texte devient trop large. Ils souhaitent donc que le texte français contienne aussi la limitation à la matière des « décisions ». M. Kriegk propose alors d’ajouter au texte français l’expression : « ayant pour objet d’avoir une incidence sur l’activité juridictionnelle » ou « qui peuvent avoir une incidence sur l’activité juridictionnelle ». M. Kriegk propose aussi de déplacer les mots « au juge » après le verbe « donner » et de remplacer les mots « quelle qu’elles soient » par les mots « quel qu’ils soient ».
 Art. 8. M. Eidesen dit que la formulation de cet article n’est pas compatible avec le système de son pays. Mme Girard réplique que nombre d’articles ne correspondent pas aux différentes réalités nationales. Notre statut ne doit reflecter que les principes généraux qui sont partagés par notre association. Le Président ajoute que cet article ne fait pas partie du statut européen. M. Fricker et M. Knudsen se disent d’accord avec M. Eidesen. Après une discussion sur ce thème, d’après une proposition de M. Delvoie, l’assemblée décide à l’unanimité d’approuver la suivante proposition d’amendement, visant à remplacer le premier alinéa de l’art. 8 du texte par le suivant : « Le juge ne peut accomplir aucune autre fonction, publique ou privée, rémunérée ou non, incompatible avec sa fonction de juge ». Le deuxième alinéa de l’art. 8 restera par contre tel qu’il est dans le projet.
 Art. 9. M. Eidesen dit que la délégation norvégienne ne peut pas accepter la formulation de cet article, puisque la possibilité de s’inscrire aux partis politiques est un droit inaliénable de tout citoyen. M. Voss dit qu’aussi en Allemagne les juges peuvent s’inscrire aux partis politiques. M. Woratsch dit qu’on ne peut pas revenir en arrière sur le travail du groupe qui a rédigé le projet du statut, étant impossible d’avoir un statut compatible avec toutes les législations nationales. Mme Girard rappelle que la question de la neutralité politique n’avait pas été insérée dans le statut du juge européen ; par contre, le statut du juge ibéro-américain comporte cette interdiction. On doit tenir compte du fait que tous les juges n’ont pas la chance de vivre dans des pays où la démocratie est assurée.
 Le Président propose un amendement qui reprenne ce principe de neutralité politique dans des termes moins durs et qui puisse à la fois être accepté par les européens et permettre d’asssurer aux juges d’autres systèmes une protection contre l’influence politique. M. Voss se déclare contre l’interdiction pour le juge de s’inscrire aux partis politiques. M. Fricker dit qu’on pourrait prévoir une interdiction pour le juge de s’immiscer dans l’activité politique, mais que la liberté pour le juge de manifester ses opinions politiques doit être sauvegardée. M. Markel dit que la formulation proposée respecte complètement le point de vue des collègues scandinaves, eu égard à la référence aux « cas prévus par la constitution et les lois ». M. Eidesen souligne qu’il est contraire à ce texte, même après cette éventuelle modification. M. Delvoie remarque qu’il y a une divergence entre le texte anglais et le texte français dans le sens que ce n’est que le premier qui expressément exclut le droit pour un juge de s’inscrire à un parti politique.
 M. Kriegk propose la suivante modification de l’art. 9 : « le juge ne peut accomplir d’activités partisanes pendant la durée de ses fonctions ». M. Zappelli se dit d’accord avec M. Kriegk. M. Eidesen n’est pas d’accord avec cet amendement.
 Art. 10. M. Kriegk dit que le texte contient une répétition, puisque d’un côté il précise que le juge est inamovible et d’un autre côté il prévoit que le juge est nommé à vie. Il propose de remplacer l’expression « à vie » par les mots : « sans limitation de durée ». Mme Girard explique que cette formulation a été adoptée en considération des systèmes dans lesquels les juges sont nommés pour une période de temps prédéterminée.
 Art. 11. M. Eidesen propose d’éliminer la deuxième phrase de cet article. Mme Girard rappelle que cet article correspond à l’art. 4 du statut européen. M. Murphy se dit d’accord avec M. Eidesen. M. Markel remarque que cet article correspond parfaitement aux principes dressés par le Conseil de l’Europe. M. Fricker se dit d’accord avec M. Eidesen. Mme Girard rappelle qu’il faut distinguer entre l’organe responsable de la sélection des magistrats et l’organe qui signe le décret de nomination. M. Woratsch rappelle qu’une modification du texte du genre de celle proposée par le collègue Norvégien serait en opposition avec la déclaration de soutien aux collègues des Républiques Tchèque et Slovaque, où c’est le gouvernement qui nomme les magistrats et qui prend toute décision concernant leur carrière.
 Art. 12. M. Eidesen se dit d’accord avec ce texte, qui correspond au système de son pays. M. Kiuru dit que le texte proposé ne correspond pas à l’art. 10 du statut européen, qui n’interdit que l’action directe contre le juge. M. Fricker propose dans le texte anglais de substituer l’expression « official capacity » par les mots « judicial capacity ». M. Kriegk dit que l’article suggère l’idée d’une immunité civile absolue ; il propose donc d’adopter le texte de l’art. 10 du statut européen. M. Fricker et M. Eidesen sont de l’avis de proposer au Comité de la Présidence de renvoyer le texte à un nouveau groupe de travail.
 Art. 13. Mme Costiniu dit que l’association roumaine enverra un amendement sur cet article. M. Eidesen craint que le texte ne donne une protection trop large aux juges, car elle semble conférer au juge un privilège. M. Woratsch dit qu’il faut tenir compte des systèmes où les juges ont besoin d’une protection particulière, même sur le plan pénal ; il ajoute que le représentant des systèmes de Common Law dans le groupe de travail n’a pas soulevé des remarques à cet égard. M. Delvoie répond que le texte proposé ne donne aux juges aucun privilège par rapport à n’importe quel autre citoyen. M. Eidesen réplique que son pays n’est pas un pays de Common Law et répète que le projet doit être renvoyé au groupe de travail.
 Art. 14. M. Kriegk propose de remplacer le mot « faits » par le mot « motifs ». Mme Costiniu demande ce que l’on doit entendre par « organe indépendant ». M. Woratsch répond qu’on peut entendre n’importe quel organe pourvu qu’il ne s’agisse pas du ministère de la justice.
 Art. 15. M. Kriegk dit qu’il faut ajouter à la fin de cet article la phrase suivante : « et notamment pour permettre aux juges d’être consultés sur leur statut, les moyens et la défense de la justice ».
 Art. 16. M. Lindenstrauss propose d’ajouter, après le mot « rémunération », les mots « et tout autre paiement ». Il dit qu’Israël fera à ce sujet un amendement.
 L’ensemble des articles ayant été analysé, et à la requête de M. Eidesen, l’assemblée est appelée à voter sur la proposition de recommander au comité de la Présidence de renvoyer le texte du statut à un nouveau groupe de travail et de l’inviter à rédiger un autre projet de statut universel du juge. Le résultat du vote est le suivant : 7 voix en faveur ; 17 contre ; 4 abstentions. La proposition du délégué norvégien est rejetée. M. Fricker demande que le procès-verbal de la réunion fasse état de sa déclaration selon laquelle « il y a dans le projet de statut universel du juge des idées qui sont contraires aux systèmes de quelques-uns des pays représentés dans l’UIM ». Le délégué de la Norvège soutient cette demande.
 En clôture du débat sur ce point Mme Girard constate que toutes les associations sont d’accord sur la proposition d’amendement de l’art. 8 ; elle rappelle aussi que les propositions d’amendements présentées par les associations nationales doivent parvenir par écrit, sous peine d’irrecevabilité, au Secrétariat Général à Rome avant le 15 juin 1998.

4.-2 le rapport sur le nouveau Traité d’Amsterdam.
 Mme Girard distribue un texte contenant les versions consolidées du traité sur l’Union Européenne et du Traité Instituant la Communauté Européenne. M. Broekhoven présente à l’assemblée un exposé sur le contenu du nouveau Traité d’Amsterdam. Le texte de son rapport est distribué en annexe et sera publié sur le journal « Euro Iustitia ». Mme Girard souhaite que le groupe de travail sur la matière pénale, qui va préparer le colloque de Paris en novembre 1998, réfléchisse à préparer éventuellement un amendement sur le contrôle judiciaire des activités d’Europol. Elle se dit sûre que les parlementaires européens seraient intéressés par un tel sujet. Le Président souligne aussi qu’après le traité d’Amsterdam le rôle de la Cour de Justice des Communautés Européenne est renforcé, puisqu’elle n’avait pas par avant de compétence sur les sujets de coopération, dont celle judiciaire, contenus dans le troisième pilier. Cette nouveauté doit être saluée comme un fait positif.

4.-3 fixation du groupe de travail sur le Ministère Public Européen ;
 M. Girard rappelle d’avoir parlé à Porto Rico de la nécessité de créer un groupe de travail et d’avoir distribué un document se référant au « Corpus Juris » de Mme Delmas Marty. Ce groupe de travail n’a pas encore entamé son activité. Le premier pas est celui de voir à nouveau quels sont les pays intéressés par ce sujet. L’assemblée décide que le groupe sera composé par les délégations suivantes : Allemagne, Autriche, Belgique, France, Italie, Pays-Bas, Roumanie, Royaume Uni, Slovénie et Suède ; les personnes intéressées sont : M. Franke, M. Henkes, M. Lernout, Mme Tratnik, M. Walter ; l’Italie, la Roumanie et le Royaume Uni communiqueront à M. Woratsch les noms des collègues délégués devant prendre part aux travaux de ce groupe de travail. Ce groupe s’occupera aussi de la préparation du colloque de l’ENM de Paris en novembre 1998.

4.-4 l’éventuel mode de fonctionnement futur de l’AEM .
 Le Président rappelle qu’à Porto Rico l’AEM avait décidé de mettre à l’ordre du jour de cette réunion un débat sur le mode de fonctionnement de l’AEM. Elle donne donc la parole aux délégués. Un débat très long et vif s’ensuit au cours duquel M. Fricker et M. Carrick disent qu’il faudrait qu’il y ait une plus vaste circulation de documents et propositions avant les réunions de l’AEM. M. Carrick dit aussi que l’AEM ne doit pas s’intéresser de sujets politiques, comme ceux qui sont liés au fonctionnement des structures de l’Union Européenne. M. Markel remarque que le travail de la présidence de l’AEM s’alourdit de plus en plus et que pour cela il faudrait créer des « groupes de gestion » spécialisés en différentes matières (civile, pénale, etc.) pour assister le Président. Mme Costiniu recommande que les autres associations, spécialement les plus anciennes, fassent chaque année un rapport sur leurs activités et sur les nouveautés législatives de chaque pays. M. Voss dit qu’il est venu le temps de se donner une structure et de modifier le statut de l’AEM. Plusieurs délégués proposent la création d’un groupe de travail sur ce sujet.
 A la fin de la discussion l’assemblée décide de créer un comité exécutif, chargé d’assister le Président dans la gestion du travail. Ce comité sera composé par les deux autres membres du Comité de la Présidence de l’UIM, M. Markel et M. Broekhoven, ainsi que de Mme Tratnik (aussi au nom des pays du PECO) et de M. Knudsen (aussi au nom des pays de l’Europe du Nord et de Common Law).
 
 En conclusion de la réunion Mme le Président donne rendez-vous pour la prochaine réunion à Porto (Portugal) le 6 septembre 1998. Elle remercie encore une fois chaleureusement les collègues slovènes pour la parfaite organisation de la rencontre et pour leur hospitalité.

   Le Président de l’AEM                                 Le Secrétaire Général de l’UIM
  Mme Pâquerette Girard                                           M. Massimo Bonomo